Pointe-Noire : des associations commémorent Joseph Pouabou

Pour marquer le cinquantenaire du supplice des Sieurs Joseph Pouabou, Lazare Matsocota et Anselme Massouémé, trois hauts fonctionnaires du pays assassinés  en 1965, les associations Solidarité plurielle, Cercle de réflexion, propositions et initiatives ainsi que le Centre d’études des civilisations Loango, ont organisé ce 17 février, une cérémonie de recueillement et dépôt de gerbes de fleurs devant le piedestal du buste de Joseph Pouabou.

Ledit buste est érigé au rond point baptisé « Place Joseph Pouabou » situé en face du palais de justice de Pointe-Noire. Plusieurs gerbes de fleurs y ont déposées en signe d’hommage à « ces Martyrs de l’innocence».  

C’est précisément dans la nuit du 14 au 15 février 1965, que Joseph Pouabou, premier président de la cour suprême, Lazare Matsocota, procureur général de la République et Anselme Massouémé, directeur de l’Agence congolaise d’information ( ACI), ont assassinés sur le prétexte d'une conspiration visant à renverser le régime de Massamba Débat (président de la République du Congo de 1963 à 1968). Un procès sur ce triple assassinat  a eu lieu en 1969.   

La cérémonie de commémoration des 50 ans de la mort des trois cadres a été organisée en vue de rappeler à la mémoire des congolais ce fait qui a marqué l’histoire du pays. Un fait qu’un grand nombre de congolais ne connaissent pas, surtout les jeunes et qui, pour les trois associations organisatrices de la cérémonie, devraient avoir une place dans la mémoire collective car une nation vit par rapport aux mémoires. Il est donc important  de connaitre l'histoire de son pays."Dans une période de violence dont le Congo avait été  victime, ces hommes sont morts et leur mémoire n’avait jamais été honorée. L’idée de nos trois associations est de faire que ces trois personnes soient reconnues comme étant des martyrs  de l’innocence», a confié François Onday-Akiera, président de l’association Solidarité plurielle.

De ce fait, les trois associations souhaiteraient que des bâtiments officiels, des rues, écoles et avenues soient aussi baptisés aux noms des trois cadres assassinés. « Nous sommes venue rendre hommage à ces hommes pour aider la classe politique congolaise a évacuer le stress, si seulement il y en avait encore, et afin que leur mémoire survive à jamais dans nos cœurs», a conclu François Onday-Akiera.

Par ailleurs, il sied de noter que Joseph Pouabou est le seul des trois cadres assassinés à avoir un monument érigé en sa mémoire. Le souhait des trois associations est que cela soit aussi fait pour les deux autres à savoir : Lazare Matsocota et Anselme Massouémé.

La cérémonie de commémoration s’est déroulée en présence de Léonard Boumbat Hybouangad, direcetur départemental des arts et lettres de Pointe-noire, de Samuel Mabandza, directeur départemental du patrimoine et des archives du Kouilou et de Fréderic Pambou, président honoraire du centre d’études des civilisations Loango.

 

 

Lucie Prisca Condhet N’Zinga
Légendes et crédits photo : 
-La photo de famille devant le buste de Joseph Pouabou
17/02/2015 - 12:30