Carte de visite : Mossaka sortie des eaux

Vendredi, Septembre 4, 2015 - 22:14

Menacée longtemps par les inondations en période de crues, la  sous-préfecture de Mossaka est sortie des eaux grâce à l’opération de dragage lancée depuis 2007 par le gouvernement congolais. Ce vaste chantier a visiblement des effets positifs sur la vie de la population de Mossaka, la sablonneuse.

Située au bord du fleuve Congo, Mossaka est l’une des neuf composantes qui forment le département de la Cuvette. Elle est située à 465 km de Brazzaville au Nord du Congo, juste sur l’Equateur à la jonction du 1er parallèle sud et du Méridien 17. 

Encore appelée «kassamo » par les uns et « Ambaré Matimba » par les autres, Mossaka regorge une population de près de 20.OOO habitants répartis dans les huit quartiers que sont Biangala, la Poste, Congo ya sika, Mobaka, Makandza, Motendi, Libelle et Liberia. Mossaka est limitée à l’Est par le fleuve Congo et la sous-préfecture de Loukoléla, à l’Ouest par la sous-préfecture de Tchikapika, au Nord par les sous-préfectures d’Owando et de Makoua et au Sud par la sous-préfecture de Makotimpoko.

La ville n’est accessible que par les voies fluviales. Les moyens les plus couramment utilisés pour y accéder sont, de Brazzaville à Mossaka par bateau, de Brazzaville à Oyo par route, ou par avion jusqu’à l’aéroport international d’Ollombo près d’Oyo, et de là sur la rivière Alima sur laquelle la navigation est entreprise d’Oyo à Mossaka, par pirogue motorisée sur une distance d’environ  280km. La ville est aussi accessible à travers l’aéroport  de classe C de Loukolela, plus proche mais après s’ensuit la navigation sur le fleuve Congo sur 45km. Elle constitue la partie la plus inondable du département suscité. Elle se situe dans la zone du climat subéquatorial avec une saison sèche qui s’étend de juin à septembre. Une saison des pluies d’octobre à début janvier, une petite saison sèche de janvier à mars, une petite saison des pluies d’avril à mai. La température, généralement, oscille entre 25 et 38 °C.

Mossaka se trouve à la confluence d’un réseau hydrographique exceptionnel composé par les cours d’eau (fleuves et ses affluents) que sont l’Oubangui, le fleuve Congo, la Likouala - Mossaka et ses affluents Kouyou,  Sangha, l’Alima, axe Ndeko, axe Bokosso.

Menacée longtemps par les inondations en période de crues notamment d’octobre à début janvier, Mossaka, « ville du poisson »,  est désormais sortie des eaux grâce à un vaste chantier de dragage lancé en 2007 par le gouvernement congolais. Les peines des temps passés, sont enfin rangées dans les annales de l’histoire.

En 2001, la ville a connu des crues exceptionnelles qui ont amené l’Etat congolais à diligenter une étude technique afin d’assurer un remblaiement durable des zones habitables.

Sur les 100 hectares habités, 75 ha étaient inondés pendant la période des hautes eaux, de novembre à janvier, et seulement 5 à 6 ha étaient épargnés. Les crues moyennes atteignaient le niveau de 6, 20 mètres, et les crues exceptionnelles arrivaient à la côte  de + 6, 50 mètres.

Le projet de dragage et de protection des berges de Mossaka qui s’est étendu de 2007 à 2012  pour un coût de près de 24 milliards de francs CFA a sorti Mossaka des eaux. Autrefois, circuler en pleine ville par pirogue par les citoyens de la ville, aller à l’école par ce même moyen pour les élèves, étaient des dures, longs et pénibles exercices pratiqués par les femmes, hommes, jeunes et enfants de cette ville en période des hautes eaux. Elle a causé d’énormes dégâts matériels et humains. Un simple et triste souvenir de nos jours. Parmi les quartiers les plus touchés, à l’époque, figuraient celui de Libelle (n°7) habité en majorité par les populations venus des localités périphériques de Mbandza, Sengolo, Bohoulou, Konda victimes des querelles claniques ;  le quartier Liberia, de son vrai nom Motendi, habité en grande partie par les Moyes venus de Makotipoko et les tékés d’Alima.

Des maisons en touilles font place aux maisons en tôles

Des maisons en tôles neuves flambent désormais dans toute la ville. Cette  sortie des eaux a donné à la population riveraine un autre style vie comme le témoigne un infirmier de la localité à la retraite. « Nous avons souffert et passé une bonne partie de notre vie dans les eaux. Ce que vient de réaliser le président Denis Sassou N’Guesso est incroyable à nos yeux. Marcher aujourd’hui sur du sable mouvant était jusqu’à 2005 un rêve. La population du quartier Libelle est très reconnaissante et fière du président. Nous  le soutenons dans sa vision de modernisation du  Congo. », a indiqué Boniface Legnoki qui pense même que d’ici à 2019, il sera très difficile de trouver des maisons en touilles.

En effet, la population hésitait à bâtir en matériaux durables à cause des dégâts qu’occasionnaient ces inondations. Elle était soumise à un eternel recommencement après la période des crues. Les gens n’attendaient que ça et maintenant que c’est fait, vous  verrez plus que ce que vous voyez maintenant. 

À suivre..

Charlestone Itoua-Lebha
Légendes et crédits photo : 
Photo 1: Une vue de la digue de Mossaka Photo 2 et 3: Des constructions modernes donnent un nouveau visage à Mossaka
Notification: 
Non